Sophie Théallet file un bon coton

« C’est la folie pour moi », dit Sophie Théallet, en pleine préparation de sa nouvelle collection hiver 2010 qui sera présentée à la Fashion Week de New York en Février. Elle cherche un nouveau thème pour sa prochaine collections après s’être inspirée du Maroc pour son dernier défilé. Une chose est sure : ce sera la crème des designers Manolo Blahnik qui dessinera les chaussures. La carrière de Sophie Théallet a décollé depuis que French Morning l’a rencontrée il y a près de deux ans. Elle a notamment remporté le préstigieux prix Vogue/CFDA et habillé Michelle Obama.

Le premier prix Vogue/CFDA qui récompense le créateur le plus prometteur est doté d’un chèque de $200 000. Elle l’a reçu des mains d’Alber Elbaz, le créateur de Lanvin aux côtés de Nicole Kidman. La cérémonie était coorganisée par Anna Wintour, la rédactrice en chef du magazine américain Vogue, et Diane Von Fürstenberg, présidente du Council of Fashion Designers of America (CFDA).  Les $200 000 “vont servir à rembourser [son] emprunt, ajouter une collection de mailles, et changer d’endroit eventuellement.” Sophie Théallet travaille toujours dans son appartement de Brooklyn Heights. Depuis la création du prix il y a six ans, c’est la première fois qu’il est décerné à une Française. “Je suis très flattée, surtout parce que je veux rester aux Etats-Unis. Je me sens chez moi ici.”

[ad#Article-Defaut] L’Amérique lui a ouvert les bras. Michelle Obama a porté deux de ses créations : des robes à bandes de couleurs vives sur coton. Elle a porté l’une d’entre elles  aux funérailles de Ted Kennedy. Aux Etats-Unis, les créations de  Sophie Théallet sont disponibles dans une vingtaine de points-de-vente donc Barneys New York et Ikram à Chicago.

Quid de la France? « Je n’ai pas de point de vente en France mais ça ne saurait tarder.” Elle compte partir avec sa collection et prendre des rendez-vous avec des acheteurs d’Europe. Son dernier défilé a eu les honneurs d’un article du Monde. “Je suis contente que mon travail soit vu aussi en France”, dit-elle. En attendant, le gratin de la mode piaffe de voir son prochain défilé. Comment se sent-elle à deux mois de la Fashion Week ? « La pression est là mais en même temps, je n’essaie pas de faire des leçons de mode. J’essaie juste de  faire de jolies robes, que les femmes aiment porter.»