Steve Herelius s’entraîne à Miami

Le rendez-vous avec « Centurion » – son nom de ring – est pris au café du coin. Me voici à la recherche d’un grand (1,84 m), costaud (un peu moins de 90kg histoire de rester dans la catégorie des « lourds-légers »), avec un air très très méchant (champion intercontinental WBA). J’entre dans le café et repère rapidement Steve dont l’impressionnant gabarit ne lui permet guère de passer inaperçu. Son grand et doux sourire, tel celui du chat d’”Alice au Pays des Merveilles”, laisse à penser qu’il ne ferait pas de mal à une mouche.

Steve est né à Paris et a grandi à Noisy-le-Grand. Il passe le BAC avant de se lancer dans un CAP «coiffure» qu’il suivra assidûment mais sans jamais se présenter à l’examen. C’est ensuite à 19 ans, plutôt tard donc, qu’il débute la boxe « française » (avec les pieds). Mais rapidement, un « vieux monsieur qui traînait autour du ring » lors des entraînements, l’encourage à combattre à l’ «anglaise», c’est à dire sans les pieds et avec de gros gants. Il s’y soumet, sans grande conviction, juste «pour lui faire plaisir». Et c’est là le début d’une grande aventure : il devient Champion de France des poids lourds à 27 ans, le 30 Avril 2004.  Puis, avec l’aide de son manager et cousin Mario Hérélius, il conquiert le titre de  Champion Intercontinental WBA (World Boxing Association) des lourds-légers le 28 juin 2009.
À 33 ans, en mars dernier, il décide de suivre son préparateur physique, Jean-Claude Abdoune, à Miami pour travailler sur un rêve un peu fou : «LE» grand combat de sa carrière : le titre mondial WBA par intérim des lourds-léger. Voici le programmes de ses jours de labeurs et de sa vie d’ascète à Miami :

Sa journée ?
Elle commence par… des cours d’anglais. Car Steve est tout sauf une brute. Il vit ici, à Miami depuis trois mois et son regard sur les choses est celui d’un homme curieux, qui veut comprendre. Ensuite seulement, il attaque sa préparation physique : des  « sparrings » (combats d’entraînement durant lesquels il répète des enchaînements de gestes qui doivent devenir des séquences « réflexe ») et de la course à pied. Par 33 degrés dans la journée, il faut être motivé ! «C’est simple, je me dis toujours que mes enfants m’attendent les bras ouverts, au bout du jogging. Cela me donne le sourire et la pêche». Il est ainsi, Steve : il sait pour quoi et pour qui il se bat : Bogdan (4 ans) et Florina (7 ans) sont à Paris. Lui travaille ici. De retour à la maison, Steve se relaxe en écoutant Jimmy Fox ou Wim Mertens et révise – encore – ses enchaînements.

Le soir, Steve sort peu et, toujours, fait très attention à son assiette : «des fruits et des légumes, mais aussi beaucoup de poisson et de viandes blanches. Les boxeurs évitent la viande rouge qui favorise les blessures». Et ni vin ni alcool… Il s’agit de garder la ligne jusqu’au combat, le 3 juillet, à Stuttgart, en Allemagne. Seule entorse à cette drôle de vie : sa petite amie qui égaye sa vie à Miami. Reste que ce boxeur inattendu est une nature facile. «J’aime presque tout à Miami ! Le « Hi ! How are you doing today ?» de tout le monde adressé à  tout le monde, la vie associative, sportive, tranquille et familiale (il passe des heures sur Skype avec ses enfants restés à Paris et profite de ceux de son coach).

Décidément, «Centurion» est un grand champion et prépare son rendez-vous ultime avec un sérieux absolu : «Faut savoir ce que l’on veut. Si l’on ne met pas tous les atouts de son côté, aucune chance. Je garde la tête sur les épaules et je travaille. Je suis là pour cela…Allez Steve, le 3 juillet on sera tous avec toi.