Super Sarko et la Cendrillon de la Justice

 «  Renforcer la présomption d’innocence » : c’est que retient le Washington Post de la suppression des juges d’instruction, «au coeur du système judiciaire, aussi légendaires que des croisés mettant sous les verrous les criminels, rendant public les affaires de corruption et inspirant les séries policières ». «Les petits juges» qui travaillaient main dans la main avec la police, fait unique dans les pays aux systèmes légaux inspirés du code Napoléon, doivent donc être éliminés pour renforcer  «l’idée que les suspects sont innocents jusqu’à ce qu’il soit prouvé qu’ils sont coupables».

Oublié le juge d’instruction, place au juge DE l’instruction «au delà de la sémantique», le Post démontre que désormais la police travaillera sous les ordres du procureur, réduisant le nouveau juge au statut «de bureaucrate du droit sous l’autorité du bureau du procureur sans aucune indépendance».

«La France américanisera-t-elle son système judiciaire? » titre le Time. «Craints et respectés, portés aux nues et tournés en ridicule» le Time souligne lui aussi le rôle historique du magistrat «l’homme le plus puissant» citant au passage Balzac. Une institution vieille de 200 ans. But final? Faire passer la France de «inquisitoire» à «l’accusatoire»?

Justice toujours : La Garde des Sceaux dans les headlines américains. « French Kiss and No-tell » dans le New York Post: «oui sa vie est un roman et à la française, un conte de fées des haillons aux sexy robes hautes coutures, du pouvoir, l’hypocrisie vieillote qui culmine dans un récit digne de roman policier ». « Un déni de paternité qui est devenu à la mode dans certains cercles français» et le Post de citer tous les prétendus pères qui ont passé la main et ceux qui continuent à alimenter les spéculations du frère du Président (François, pédiatre) à un Danois ou même un donneur de sperme anonyme. Des Français qui, nous assure le NY Post, attendent de leurs dirigeants qu’ils aient des liaisons extra-conjuguales entre 17h et 19h et Rachida Dati ne déroge pas à la règle. Elle est devenue doublement «symbolique» en restant au pouvoir malgré la complexité de sa vie personelle (un droit imémoriel pour les hommes au pouvoir en France) et symbolique par son ascension sociale fulgurante, d’un père maçon à la porte parole durant la campagne :  «La Cendrillon de la Justice».

Conflit au Moyen Orient, Sarkozy dans la tourmente. Kansas City Star : «ce n’est pas parce que les lumières bleues de la Tour Eiffel célébrant la présidence française de l’Union Européenne sont éteintes que Sarkozy est prêt à abandonner les feux de la rampe». Un article plus que critique qui descend en flamme le Président français. Bien que louable à l’origine, combler le vide laissé par le manque de leadership américain, sa tentative s’est trouvée «à la limite du comique» selon l’expert Clara O’Donnel. «Une des raisons pour lesquelles ni Israël ni les USA ne prennent l’Europe au sérieux». Il a tenté « de se parachuter et ensuite de quitter la scène», «hautement dommageable pour l’Europe», les experts se succèdent et ne sont pas tendres.

News Week y va aussi franchement le « tragique axiome du du Moyen Orient  : Israéliens et Arabes ne manquent pas une occasion de manquer une occasion» et maintenant «le Président Français ne manque pas une occasion de se présenter lui même comme une chance». News Week qui cite un diplomate européen «Sarkozy est un homme du court-terme […] Il veut des résultats immédiats, qui sont bien sûr des résultats médiatiques ». « Super Sarko » qui a passé deux jours sur le terrain pendant laissant la place à la déléguation européenne et dans son sillage un certain «scepticisme».