Tic Tac… Clic clac !

A 6000 kilomètres de distance, à l’heure « H », et en quasi-simultané. Voilà l’idée maîtresse – et la contrainte ! – de l’expérience menée par Marilia Destot et Angelle, deux jeunes photographes françaises. La première est basée à New York, la seconde à Paris. Entre elles, depuis le 1er juillet, une correspondance photographique publiée en temps réel sur Internet, intitulée « La même heure, quelque part ailleurs ».

Chaque jour, pendant 24 jours, les deux artistes décalent d’une heure l’instant fatidique de leur prise de vue. « Même si je réfléchis à la photo que j’ai envie de prendre, tout peut basculer au moment imposé, ou dans les minutes précédentes ou suivantes », explique Marilia Destot, qui a initié le projet. « La simultanéité oblige à l’improvisation, ce qui produit une émulation créative – mais sans compétition – entre Angelle et moi », poursuit la jeune femme, plongée dans cette « expérience » personnelle qu’elle voit comme un défi.

Sans légende, c’est au visiteur du blog d’imaginer le lien qu’il peut exister entre la photo du jour de l’une, et celle de la veille de l’autre. « Parfois, il n’y a aucun lien réfléchi, mais nous tentons le plus possible de nous ‘répondre’. Je m’impose aussi d’être cohérente dans ma série d’images », poursuit Marilia Destot. Car malgré tout, et heureusement, le hasard vient pimenter cet exercice de style. Comme ce 8 juillet vers 13h (le fameux moment) où, surprise par un orage, Angelle a trouvé l’inspiration bloquée dans son abri de fortune au cœur de la campagne Bourguignonne. De ce côté de l’Atlantique, six fuseaux horaires à l’est, elle décrit l’expérience comme un « plaisir épuisant », et évoque l’omniprésence de la correspondance au long de ses journées. Tout s’arrête le 24 juillet, lorsqu’elles auront fait le tour du cadran.

« La même heure, quelque part ailleurs