Trois Nicolas français à l’honneur

Si Nicolas Sarkozy cherche à se remonter le moral avant la débâcle annoncée des élections régionales, il lui suffit de trouver un exemplaire du New York Times de lundi. Dans un article quasi dithyrambique, le quotidien américain met les relatives bonnes performances économiques de la France face à la crise sur le compte du président français (et plus encore de son gouvernement). La faïencerie HB Henriot, à Quimper, qui sert d’étude de cas. Subventions, incitations fiscales: c’est grâce à ce type d’action, nous dit le correspondant du Times à Paris, que la France se démarque comme l’une des économies les plus stables d’Europe. « La politique française est loin d’être parfaite, avec un chômage en augmentation, surtout chez les jeunes, ainsi que le déficit budgétaire et la dette nationale déjà élevée. (…) Mais en général, le verdict est positif pour le président Nicolas Sarkozy et son gouvernement, qui n’a pas tardé à reconnaître une crise et à exercer les pouvoirs de l’Etat. »  Certes, il y de sérieux bémols prévient le Times, «avec une dette toujours plus importante et un gouvernement qui promet de pas augmenter les impôts, la véritable question est de savoir combien de temps cela va durer ? »Mais en attendant, on imagine que l’article ne va pas tarder à être encadré quelque part à l’Elysée.

Mais comme si l’hommage ne pouvait durer, le New York Times se reprend vite, avec une fourberie: les Français seraient eux aussi menacés par l’obésité. L’entreprise suisse Nestlé lance Jenny Craig, sa nouvelle marque américaine de produits diététiques en France rapporte le quotidien . « La France semble être un pays logique pour s’établir. Une étude publiée en Janvier par l’Inserm, l’Institut national de recherche en santé, a montré qu’en 2009 31,9% des personnes de plus 18 ans sont en surpoids, contre 29,8 % en 1997. (…) Et en dépit de l’image créée par le best-seller “Ces Françaises qui ne grossissent pas…”, l’obésité est devenue un véritable problème».

Avec le tout Hollywood de retour aux Etats-Unis pour les Oscars, les premiers rangs des défilés de la Fashion Week étaient presque déserts la semaine dernière à Paris. Pour compenser ce déficit, le Wall Street Journal rapporte que Christian Dior a dû faire appel aux politiques français Christine Lagarde et Christian Estrosi afin d’accompagner la seule véritable star présente, l’actrice Charlize Theron. « Le défilé n’était pas de tout repos pour Mme Lagarde et M. Estrosi » commente le journal, «Pendant la semaine de couture en Janvier, la rédactrice en chef de Vogue, Anna Wintour, a demandé une réunion avec M. Estrosi afin de l’encourager à faire plus pour sauver la mode française ». Le quotidien rappelle également que la maison Christian Lacroix a evité de peu la liquidation judiciaire l’an passé, suite à de nombreux problèmes financiers.

Les Français, qui étaient eux aussi présents aux Oscars, ont frôlé le zéro pointé ce dimanche, malgré sept statuettes potentielles. Ils peuvent remercier Nicolas Schmerkin d’avoir sauvé la soirée. Le producteur du film français Logorama, Oscar du meilleur court-métrage d’animation, a marqué la soirée d’un très bon speech, «Un des meilleurs de la soirée » selon The Hollywood Reporter. Le journal se demande d’ailleurs comment ce court-métrage est passé au travers de la censure malgré toutes les marques représentées sans leur accord, «espérons qu’elles aient le sens de l’humour». Parmi sa sélection de photos des moments marquants de ces Oscars, Los Angeles Times a choisi une photo du Français enlaçant son trophée dans la salle de presse.

Quant à la gaffe du producteur français de Hurt locker (Démineur), Nicolas Chartier , elle ne l’a finalement pas empêché d’obtenir la récompense suprême. Et de célébrer, nous raconte indiewire.com, le site des films indépendants, à Malibu. « A l’entrée, on trouvait une affiche en couleur mettant en vedette Chartier frappée du mot “banned” (interdit). » Suite à la cérémonie, toute l’équipe du film et d’autres producteurs ont pris la défense du Français rapporte le site. « Harvey Weinstein n’aurait jamais été pénalisé aussi durement. Etant français et nommé pour la première fois, il était une cible facile pour l’Académie. »