Tu tires ou tu pointes?

Platanes, chaises de jardin et boules…Tout y est ou presque, point de cigales mais des sirènes, points de pastis mais de la Vitamine Water. Eh oui, vous n’êtes pas à Saint Rémy en Provence mais bien au coeur de New York, à Bryant Park.

Le temps d’une pause déjeuner, les New Yorkais travaillant aux alentours du jardin retroussent leurs manches et desserrent leur cravate pour tenter d’approcher le cochonnet. Chacun peut joindre la partie et bénéficier des conseils avisés des membres de La Boule New Yorkaise.

Il y a presque 40 ans, Alfred Levitt, peintre américain proche de Marcel Duchamp fondait le club au retour d’un voyage en Provence. Depuis, La Boule New Yorkaise n’a eu de cesse de promouvoir la pétanque – «pronouced paytonk» est-il précisé sur le feuillet d’information- et le jeu a peu à peu pris le pas sur son homologue italien, la Bocce.

A Bryant Park durant la semaine, les amateurs de boules se retrouvent le week-end à Washington square. S’ils «pointent», «tirent» ou «commandent», la petite centaine de membres est loin d’être exclusivement francophone. Américains, cubains ou cambodgiens se prêtent au jeu et s’entraînent pour les tournois.

Championnats du monde

Car attention, pour les membres de La Boule, bien plus qu’un jeu la pétanque est un sport. « Quand on arrive à un certain niveau, je vous prie de croire que ce sont des marathons » n’hésite pas à affirmer, Xavier Thibaud. Premier maître d’Hôtel au consulat général de France, il n’a pas quitté son Marseille natal avant d’avoir mis ses boules dans sa valise. « Le jour où je suis arrivé à New York, j’ai donné un coup de téléphone au président [de La Boule] de l’époque », raconte-t-il.

Comme deux autres membres du club, Xavier Thibaud, a été sélectionné pour représenter les Etats-Unis aux championnats du monde de Pétanque qui se tiendront en Thaïlande à la rentrée.

La Boule New Yorkaise a beau être le meilleur club des Etats-Unis selon son président Eduardo Santos, les joueurs ne voient pas venir la compétition sans une certaine appréhension. «Mon grand espoir, c’est de ne pas être ridicule», confesse Xavier Thibaud. «Comparé avec les grandes nations au monde on est très, très loin».

« L’entraînement quasi-quotidien c’est ce qui fait la différence » mais en raison de l’hiver et du manque de terrain couvert, la saison New Yorkaise est courte. Malgré la gratuité des leçons en semaine, le pétanque reste mal connue et peu pratiquée. Il n’y a qu’une petite dizaine de cours à ce jours disséminés dans New York à Bryant Park, Washington Square, Queens et Brooklyn, où chaque année un tournoi marque le 14 juillet.

Pour populariser ce jeu si cher à son cœur, Xavier Thibaud a récemment demandé l’installation de terrains à Central Park, l’endroit même où jouaient autrefois les expatriés français. Il rêve d’enseigner la pétanque aux enfants et de monter à terme un programme éducatif autour du jeu provençal dans les quartiers défavorisés.

Envie de taquiner le cochonnet? N’hésitez pas à vous joindre aux leçons gratuites à Bryant Park du lundi au vendredi entre 11h30 et 14h00.

Retrouvez La Boule New Yorkaise ce dimanche 24 juin pour le Madagascar Open, grand tournoi de doubles à partir de 10 am à Bryant Park.