Un Baron à Chinatown

Dans une rue calme de Chinatown, loin de la foule et de la circulation, un bâtiment discret. A l’intérieur, une lumière tamisée, un papier peint noir et rouge, des lanternes chinoises… L’ambiance est délibérément  « speakeasy ». On voyage entre « les cabarets de Paris et les bordels de Chinatown », plaisante Timothee Verrecchia, un des patrons des lieux.

Cet endroit, autrefois un cabaret, est Le Baron. Les clubbers parisiens connaissent bien ce nom, puisque la boite de nuit fondée à Paris en 2004 par « une bande de potes » emmenée par André Saraiva et Lionel Bensemoun est aujourd’hui l’un des lieux les plus select de la capitale française. Le succés fulgurant repose sur une sélection sans pitié à l’entrée et un principe bien paradoxal: on n’entre que si on est déjà entré… Bref, seuls «les habitués» du lieu (et leurs amis) peuvent passer la porte. Le Baron a bâti sa réussite sur le créneau de la « soirée entre amis ». « Les amis et famille du Baron sont des gens qui voyagent entre Paris, Londres New York et Tokyo. Maintenant qu’il y a des Barons à Londres et Tokyo, cela paraissait logique d’ouvrir à New York, confie Timothee Verrecchia, auquel se sont associés les deux fondateurs pour ouvrir de ce côté-ci de l’Atlantique. «L’énergie à New York de ces dernières années, ressemble beaucoup à celle du Baron».

L’accouchement du bébé new-yorkais a pris plus longtemps que prévu. L’ouverture prévue depuis un an fut annoncée à plusieurs reprises dans les journaux. «On a fait beaucoup de travaux, on a vidé le lieu et tout refait». La rénovation, et le processus d’octroi de la licence d’alcool, expliquent le retard. « C’est toujours le cas à New York », c’est « le parcours du combattant pour ouvrir, relativise le patron. L’important pour nous n’était pas d’ouvrir vite mais bien. De faire un lieu dont on est fier ».

Mais pourquoi Chinatown, pas précisément réputé pour sa vie nocturne? «C’est une question de nouvelles frontières», assure Timothée Verrecchia. Il n’était pas question d’ouvrir dans le Meatpacking, trop « conformiste ». L’objectif est «de prendre le contre-pied de ce qui se fait  en ce moment même (…) C’est une approche de la nuit différente des boîtes du Meatpacking”. En clair: moins bling-bling.

Une « touch » à la française

Dans ce décor imaginé par André Saraiva et Vincent Darré (designer du Montana à Paris entre autres), on retrouve les ingrédients qui font la particularité du Baron. A commencer par la musique. La playlist est un mélange d’électro-pop, rock et de chansons françaises remixées, ce qui donne aux soirées une «touch» française (No GDM de Gina XUnder my Thumb des Rolling StonesPoupée de cire, Poupée de Son de France Gall). Au bar, au fameux cocktail « Le Baron », mélange de champagne et purée de framboise s’ajoutent des boissons «locales» comme «la Femme chinoise» (au goût de litchi).

L’entrée du club est gratuite. Timothee Verrecchia assure que, fidèle au “concept”, il ne cherche pas à faire venir la sainte trinité de la nuit (mannequins, banquiers, stars du sport). Ici, l’ambiance est cosy, conviviale; jeans et baskets ne sont pas prohibés. Ce qui ne signifie pas que vous entrerez à tous les coups. “On cherche une clientèle mixte et classe” assure Verrecchia. Les amis et habitués entreront facilement, eux. Ce qui nous laisse avec la question philosophique du jour: comment peut-on être un habitué d’un lieu ouvert depuis quelques jours?

Infos pratiques:

Le Baron: 32 Mulberry Street.