Un bébé présidentiel et une Europe en crise

Cette semaine, la presse américaine ne s’est pas beaucoup intéressée à la naissance de Giulia, la fille du couple présidentiel. Les articles traitant du sujet sont courts et descriptifs. Le New York Times rappelle simplement que Mme Bruni-Sarkozy fut « une ancienne mannequin et chanteuse qui maria Mr. Sarkozy en 2008 », qu’elle a déjà un « fils, Aurélien, 10 ans, né d’une relation précédente avec le philosophe Raphaël Enthoven.»  L’article dresse surtout un arbre généalogique de la famille Bruni-Sarkozy, en expliquant aussi que Mr Sarkozy « a trois enfants, nés de deux premiers mariages » et qu’il est « devenu grand-père l’année dernière ». L’article souligne aussi les états d’âme de Carla Bruni en expliquant « qu’elle a souvent exprimé le désir d’être mère pour une seconde fois.»

Le Washington Post s’attache lui à décrypter les conséquences politiques de cette naissance. Le journal cite l’historien français Christian Delporte, qui explique que « la naissance du bébé pourrait être une aubaine politique pour Mr Sarkozy ou au contraire avoir l’effet inverse ». En effet, « l’image de lui heureux avec sa femme, pourrait paraître indécent aux yeux des Français ». Par ailleurs, le journal explique que la naissance de Giulia Sarkozy est « un événement historique », puisque « c’est la première fois qu’un Président français a un enfant durant son mandat » en ajoutant que c’est aussi « la première fois qu’un Président divorce et se remarie durant son mandat ».

Une Europe « en declin »

La presse américaine dresse un tableau plutôt noir de l’avenir de l’Union européenne. L’euro est pointé du doigt. Le New York Times donne le ton en titrant un article daté du 20 octobre : « L’Euro, destiné à unir l’Europe, semble au contraire la diviser.» Le journaliste Steven Erlanger est particulièrement pessimiste et critique à l’encontre de l’UE. Il explique qu’en surface l’Union européenne est «un énorme succès ». En effet, « l’UE regroupe 500 millions d’habitants et son produit intérieur brut est de $17 trillions, ce qui est plus important que les Etats-Unis et trois fois celui de la Chine ou du Japon.» Cependant « l’Europe est économiquement et démographiquement en déclin ». Ainsi « la part de l’UE dans le commerce mondial ne cesse de décroître » souligne le journaliste.

La crise européenne actuelle exige des changements drastiques et fondamentaux dans le fonctionnement du système. Pour le journaliste, c’est la souveraineté des Etats membres qui est sévèrement pointée du doigt. L’Union européenne « a besoin d’être une union fiscale, a besoin d’une trésorerie et d’un ministre des finances capable d’intervenir sur les budgets nationaux, et de politiques fiscales et de retraites unifiées.» Au contraire, « il est loin d’être clair que l’Union européenne soit capable de se rassembler en mettant de côté les identités fortes et les nationalismes des Etats membres ». Steven Erlanger affirme que la crise européenne n’est pas simplement économique, mais démocratique et politique. Il ironise sur l’autosatisfaction de l’Europe, « modèle autoproclamé du soft power » mais qui est en réalité un « modèle ternis et défectueux ». « L’assomption de ces 60 dernières années semble soudainement creuse », explique Steven Erlanger.

Il termine l’article en se focalisant sur les problèmes des pays moteurs de l’Union européenne : la France et l’Allemagne. En effet, la chancelière allemande, Angela Merkel « se focalise sur les problèmes internes de l’Allemagne, son fédéralisme dissolu et son gouvernement de coalition. Un contraste majeur par rapport à l’Etat français centralisé, presque monarchique. » La France, quant à elle, « est anxieuse par rapport à sa propre dette, son niveau de notation et se retrouve en plein milieu d’une campagne présidentielle méchante, et reste ainsi encore bien loin derrière Berlin ».