Un mannequin dans le désert

C’est d’une agilité féline qu’elle se glisse dans la voiture à côté de nous, sur le siège du passager, pour nous accueillir chez elle. Citoyenne franco-américaine, Yasmina Rossi a débuté sa carrière artistique à Paris en 1983, en tant que décoratrice d’intérieur et photographe, puis mannequin pour l’agence américaine Ford. Sa silhouette longiligne et élégante, ainsi que ses traits fins et affirmés, avaient alors rapidement séduit de grands créateurs de mode comme Yves Saint-Laurent. Yasmina est maintenant célèbre pour sa longue chevelure grisonnante qu’elle arbore fièrement sur les pages de magazine.

Elle nous conduit dans son univers avec un grand sourire et une allure paisible. «C’est trop bon d’être ici», dit-t-elle en respirant la brise marine, « c’est calme ! Pas un bruit, pas de clim’… ». Yasmina aime être en contact avec les éléments, elle y puise sa force et son inspiration : elle se décrit enfant comme une petite sauvageonne élevée par la nature, « qui n’avait d’autres limites que celle de la matière. » Ayant grandi en Corse, la belle passait la plupart de son temps à explorer le maquis et « sa plage », sur laquelle elle ramassait des coquillages, source d’inspiration pour ses premiers mandalas.

Les vingt-six clichés présentés sous le nom Primordial Ascension témoignent de ce rapport privilégié que Yasmina entretient avec la nature. Dans cette collection exposée jusqu’au 8 janvier à la Gallerie A&I d’Hollywood, puis dans la boutique de luxe Luna à San Francisco jusqu’en avril 2011, il s’agit pour l’artiste de  « capturer l’essence divine », ces petits riens qui forment un tout, l’univers. Ces moments sont animés par ce que Yasmina appelle « la Force de Vie ». « La Force de Vie, c’est quelque chose de plus grand que tout. C’est une organisation extraordinaire que l’on ne peut même pas concevoir entièrement parce que, en tant qu’être humain, nous sommes limités dans la matière », nous explique-t-elle.

Elle ajoute : « Quand j’étais petite, je disais toujours que lorsque l’on meurt, on sait tout, car on est de nouveau en contact avec la connaissance totale. Ma fille n’aime pas quand je dis ça mais, selon moi, la mort doit être l’expérience la plus extraordinaire que l’on doit vivre, parce qu’on se libère de notre corps. C’est la liberté absolue. » C’est ce goût pour la liberté qui a également amené Yasmina à parcourir les déserts du grand ouest américain, pour y faire fleurir son art. Dans ses collections d’autoportraits, elle évolue au milieu d’horizons infinis et de décors arides. Le désert lui offre un contact privilégié avec les éléments, et ses photos capturent l’essence brute de la terre, de la pierre, du vent et du soleil.

C’est au milieu d’un autre désert que l’amènera son prochain prochain projet, avec une expo prévue en décembre 2011 au Desert Palm Hotel de Dubaï. Yasmina jouera encore une fois avec la matière et l’espace, puisqu’elle prévoit d’adapter tout spécialement le support des ses créations photo à l’architecture de l’hôtel.

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