Une France obèse, libertine et “sur-sexuelle”

“Les boutiques et marchés d’extérieurs sont remplis de pâtisseries, viandes et fromages et les gens parlent constamment de nourriture “. La phrase assénée par le site internet de la radio NPR sonne comme une sentence : les Français sont en train de devenir, eux aussi, gros. En d’autres termes, le temps où les Français pouvaient se permettre des remarques désobligeantes sur l’Amérique de la malbouffe est révolu.

Car c’est un fait : près de 14% de la population française est désormais obèse, contre 8% il y a dix ans rapporte la correspondante de NPR à Paris. Pourtant, aux dires d’un spécialiste français cité dans l’article, “l’obsession française avec la nourriture est exactement ce qui les a protégé contre l’obésité”. Sont alors pointés du doigt l’urbanisation, l’immigration et la mondialisation qui ont fait perdre aux Français leurs bonnes habitudes culinaires. La journaliste cite une famille qui déplore ” la façon dont on copie les séries américaines”, habituées à montrer leurs héros grignoter à toute heure de la journée.

Toute autre polémique sur le site Fashionista.com où la journaliste Alice Pfeiffer revient sur le tollé provoqué par les photographies sexy de Thylane Loubry-Blondeau, une jeune fille de 10 ans posant en couverture de Vogue. Pose suggestive, talons aiguilles et robe affriolante, le cliché de Thylane a choqué plus d’un journal américain mais très peu de français, remarque Alice Pfeiffer. Dans son article intitulé “Pourquoi les Français ne sont pas outrés par les photos de la mannequin Thylane Loubry-Blondeau agée de 10 ans “, la journaliste explique : “descendez dans les rues de Paris et vous verrez des enfants habillés comme des mini-adultes, dans des tenues identiques à celles de leurs parents. Des marques comme APC, Zadig & Voltaire et Maje ont miniaturisé la collection pour mères et filles afin qu’elles jouent à s’habiller de la même façon. ” On s’attend à lire que les valeurs morales des Français sont bien basses. Cela ne tarde pas lorsque la journaliste évoque la photo prise par Irina Ionesco de sa fille nue: “la société française accepte cela (alors qu’en Amérique, elle serait allée en prison en une demi seconde).” Quelle bande de dépravés, ces Français.

Le magazine Newsweek se targue quant à lui d’expliquer la façon dont pensent les femmes françaises à travers l’expérience d’Anne Sinclair, l’épouse de DSK. Malgré les références historiques (Le Manifeste des 343 salopes, Feydeau, Sartre, De Beauvoir), l’article aligne les raccourcis malheureux. On apprend par exemple que le droit de cuissage se trouve être toujours en vigueur en France. La journaliste parle d’une “société extrêmement sexualisée où même le rejet a ses propres règles et rituels”.

À peine le temps de s’interroger sur le fait que les Américains ne doivent sûrement jamais se faire jeter que l’on tombe sur une autre théorie : le mot « salope » serait souvent utilisé par les hommes français pour exciter leur partenaire ou eux-mêmes au lit. Sans aucun chiffre à l’appui, l’information étonne. Aux yeux de la journaliste, les hommes français seraient donc des machos qui trouvent du plaisir en insultant leur compagne.

L’article se termine sur un ultime raccourci : “les journalistes couchent avec des hommes importants parce que c’est drôle et que ça entretient les sources”. Belle image du journalisme français.