Viendra ou viendra pas?

Il hésite. New York ou Los Angeles? Une chose est sûre, David Martinon va faire ses valises. Il quitte l’Elysée, où il était depuis avril le porte parole d’un Nicolas Sarkozy auprès duquel il a fait l’essentiel de sa carrière, d’abord comme “conseiller diplomatique” au ministère de l’Intérieur. Victime d’abord des déboires de Nicolas Sarkozy, qui a décidé d’adopter une communication présidentielle plus classique en supprimant la fonction de porte parole omniprésent “à l’américaine” qu’occupait David Martinon. Victime aussi de son propre échec politique à Neuily-sur-Seine face, entre autres, à Sarkozy fils, Jean.

La sortie se prépare depuis plusieurs semaines. Puisqu’il est diplomate de carrière (ENA, promotion Valmy, 1998), son recasage semblait plus simple que pour un “non fonctionnaire”: retour au Quai d’Orsay. Il fallait compter avec les règles de la carrière, mais aussi le goût modéré de la vénérable maison pour les ascensions fulgurantes et politiques. A 36 ans, David Martinon est trop jeune pour le poste d’ambassadeur qu’il espérait, il n’a pas encore atteint le grade de Conseiller hors classe nécessaire selon les règles de la carrière. Ce sera donc un poste de Consul Général. Deux se libèrent aux Etats-Unis: Los Angeles, occupé depuis quatre ans par Philippe Larieu et New York, que François Delattre s’apprête à quitter, également après presque 4 ans.

La solution, imposée par Nicolas Sarkozy, ne ravit pas tout le monde au Quai d’Orsay, notamment s’agissant de New York, un Consulat important et qui vaut bien des ambassades de “petits pays” dans la carrière diplomatique. Pourtant, David Martinon aura bien New York s’il le décide. Mais il hésite. Joint au téléphone lundi, il a refusé de commenter, se contentant d’un “bien sûr que j’ai envie de venir à New York, tout le monde a envie de venir à New York”.

Mais certains suggéraient au Quai d’Orsay que l’hésitation avait à voir notamment avec son souci de ne pas paraître être imposé politiquement dans une maison dans laquelle il devra faire carrière. Même s’il n’y a passé que quatre ans depuis sa sortie de l’ENA, il connaît suffisamment les arcanes du ministère pour ne pas vouloir se mettre la technostructure à dos. A cet égard, Los Angeles, consulat plus modeste et connoté plus “paillettes” que politique serait sans doute une pilule qui passerait mieux. Et Los Angeles semble destiné à être un prix de consolation dans l’esprit de Nicolas Sarkozy: il avait songé à l’offrir à Claude Chirac, la fille de l’ancien président, avant que celle-ci ne décide finalement de se reconvertir chez PPR, propriété de François Pinault.

David Martinon peut en tout cas continuer à réfléchir quelques temps: ni le Consulat de Los Angeles ni celui de New York ne sont pour l’heure vacants et le départ de leur occupant actuel n’est en principe pas prévu avant l’été.