Virée au Musée du Sexe

Le Museum of Sex (MoSex) fut le premier musée de l’érotisme à ouvrir ses portes aux Etats-Unis, en 2002. Sa mission : « Préserver et présenter l’histoire, l’évolution et la signification culturelle de la sexualité humaine ». French Morning l’a visité et a été un peu déçu.

L’entrée se fait par la boutique. Belle entrée en matière. On y trouve toute sorte de jouets, allant du gode de luxe à $150 au livre des 365 positions sexuelles en passant par le dé érotique. Sitôt sorti de cette caverne d’Ali Baba un peu spéciale, on digère mal l’entrée à $17,50, d’autant que, passée la boutique, le visiteur découvre un drôle d’univers, sans réelle cohérence, où se côtoient sexe, animaux, humains, art et bandes dessinées.

Ce qu’on n’a pas aimé

Il commence par passer à « Action » du nom de l’exposition consacrée à l’art visuel sexuel. L’exposition est organisée en deux parties : chronologique (des vieux films érotiques de l’avant-guerre jusqu’à l’industrie du sexe d’aujourd’hui) et thématique (l’homosexualité en image, le sadomasochisme, le sexe oral…). Au passage, le visiteur croise un film montrant des visages en gros plan durant un orgasme.

Le but d’ « Action » est de montrer que nous sommes exposés à des milliers d’images en tout genre chaque jour, ce qui affecte notre façon de penser, de vivre, d’interagir ou encore d’interpréter le monde. Les images les plus utilisées par les médias sont relatives au sexe. Ne le savait-on pas déjà ?

On avance. Nous voilà désormais chez les bêtes de sexe, comprenez la section consacrée aux animaux. Zoom spécial sur les bonobos connus pour leur sexualité débordante. Un grand classique. On apprend que certains animaux changent de sexe au cours de leur vie, que certains ont de gros organes reproducteurs et d’autres non. On peine à voir comment cette galerie s’intègre au reste du musée.

L’exposition permanente « Spootlight » déçoit aussi. Elle nous invite à explorer la sexualité de manière personnelle en contemplant une peinture érotique, une œuvre d’art, une photographie ou en caressant la peau d’un authentique RealDoll. Mais le visiteur reste sur sa faim : les œuvres ne sont pas nombreuses et semblent avoir été réalisées par des amateurs.

Enfin, une autre exposition « Comics Stripped » dévoile des bandes dessinées pornographiques et érotiques. C’est l’avalanche d’images hard core, fantaisistes, soft, scandaleuses et humoristiques. L’exposition nous montre à quel point la sexualité humaine peut être débridée. Mais si les mangas et les cartoons ne sont pas votre tasse de thé, mieux vaut éviter.

Ce qu’on a aimé

Tout ne fut pas déception. Nous voici maintenant à « Obscene Diary », une exposition consacrée au professeur, tatoueur et pornographe Samuel Steward qui a vécu au milieu du XXème siècle. Ses écrits secrets, des plus intimes aux plus obscènes, sont dévoilés. Ils nous offrent le portrait étonnant d’une génération d’homosexuels ayant vécu avant l’émeute de Stonewall (1969), qui marqua le début du mouvement gay moderne. Dérangeante, déroutante et originale, l’exposition est fournie et intéressante.

Infos pratiques :

Musée du sexe (MoSex). Ouvert du dimanche au jeudi de 10h à 20h et du vendredi au samedi de 10h à 21h. 233 5th Avenue. $17,50 tarif normal et $15,25 pour les étudiants et seniors. Site : http://museum.museumofsex.com/

Crédit photo: RealDoll au Musée du sexe.