Prendre le temps à Catalina Island

Un bal se prépare au grand Casino d’Avalon, la ville principale de l’île. C’est le dernier week-end officiel du Spring Break (vacances de printemps) dans les écoles américaines, et tous les adolescents du coin défilent en costume-cravatte et robe de soirée. Jalonnée par de hautes collines, la ville d’Avalon est un port où l’air peut se faire frais, mais ce soir cela n’empêche pas les plus audacieuses de porter robes de cocktail échancrées et décolletées. D’architecture, la ville ressemble à un mélange entre l’île Saint Martin des Antilles et un village de la côte varoise, où l’on croise une population mixte et colorée. Le long de la plage, sur la Promenade, les restaurants se préparent à servir leurs premières tables du soir. L’ambiance se fait paisible. Il fait si bon vivre à Catalina, c’est à se demander pourquoi…

Santa Catalina Island fait partie des Channel Islands, un archipel qui s’étend du large de Santa Barbara (à 150 kilomètres au nord de Los Angeles) au large de San Diego (à 200 kilomètres au sud). Plus d’un million de touristes visitent l’île chaque année ; on y vient principalement par la mer, en ferry, au départ des ports de Marina Del Rey, San Pedro, et Long Beach, ou Dana Point et Newport Beach plus au sud. En un peu plus d’une heure, ces lignes maritimes vous permettent de rejoindre la ville principale d’Avalon, à l’est, ou le petit village de pêche de Two-Harbors, au nord de l’île.

De nature brute et sauvage, rien ne prédestinait réellement Catalina à devenir la destination touristique qu’elle est aujourd’hui. Catalina a cependant connu un passé hors du commun, grâce à un homme en particulier, un multimillionnaire du nom de William Wrigley Jr (1861-1932). Au début du siècle dernier, Wrigley, propriétaire de la marque de chewing-gum du même nom, visite l’île et en tombe amoureux. Il décide alors d’en acquérir 99% des actifs afin de développer Catalina de la façon dont il l’entend. En homme d’affaire avisé, il investit intelligemment en soutenant l’économie locale et en permettant, directement ou indirectement, la création de la plupart des infrastructures dont les 4000 habitants de l’île profitent aujourd’hui.

Au nord d’Avalon, Wrigley crée un centre d’entraînement saisonnier pour l’équipe de baseball de sa ville natale de Chicago, les Chicago Cubs, dont il est le propriétaire. Il se fait également construire une résidence, la Casa Del Monte, qui domine le port d’Avalon et qui lui permet ainsi de garder un œil sur le développement de ses projets. En 1929, il supervise la construction du Casino d’Avalon, structure colossale d’inspiration andalouse dont la salle de bal gigantesque offre une vue magnifique sur l’océan et sur le port d’Avalon. Il y invite ses amis importants lors de soirées grandioses dont parle le tout-Hollywood ; les acteurs et metteurs en scène le lui rendent bien, en choisissant Catalina comme leur destination de vacances, ou leur lieu de tournage.

« C’est d’ailleurs à l’Industrie du Film que l’on doit l’une des curiosités de l’île : Catalina possède en effet son propre troupeau de bisons. » Bear, le guide touristique de Catalina Adventure Tours nous conduit dans son bus datant de 1953, impeccablement conservé. Il nous emmène dans les collines, le long de la seule route côtière qui lie Avalon au petit aéroport, à 2 miles au nord de l’île. Il poursuit: «  Les bisons ont étés introduits dans l’île en 1924 par une équipe de tournage, ils se sont échappés et reproduits, pour atteindre près de 600 têtes en 2004. Cette année-là, plus d’une centaine d’entre eux furent transportés et réimplantés dans une réserve du Sud Dakota. »

L’organisation responsable de cette opération, est la Catalina Island Conservancy, l’un des piliers de l’équilibre écologique de l’île. Créée en 1972 par la famille Wrigley, cet organisme est responsable de la préservation des quelques 17000 hectares de terres et des 77 kilomètres de côte de l’île. De nombreuses espèces animales et végétales, natives ou implantées, vivent sur l’île ; Catalina Island est également l’un des sites de plongée les plus connus au monde.

L’Ile se réinvente en permanence, grâce en particulier à sa nouvelle fierté, une zip-line dont le départ se situe à 150 mètres en amont, dans les collines au nord d’Avalon, et file à plus de 60 kilomètres/heure vers la plage de Descanso. Le tout est composé de cinq sections, et chaque plate-forme de relais donne aux participants une chance d’avoir une vue imprenable de l’intérieur des terres et de la côte environnante.

L’écologie y est un sujet pris extrêmement au sérieux, et de nombreux scientifiques de USC (University of Southern California) y travaillent afin de préserver les nombreuses espèces végétales et animales protégées qui la peuplent, comme le Garibaldi, ce poisson rouge fluorescent de la forme d’une dorade. Vous pourrez facilement observer celui-ci à bord d’un semi-submersible ou un bateau à fond vitré qui vous emmènera dans les grandes forêts d’algues géantes, les Kelps, qui poussent dans la petite anse du Lovers’ Cove, au sud d’Avalon.

C’est également dans un souci de conservation que fut adoptée en 1973 une interdiction d’importer tout véhicule à moteur sur l’île, limitant leur nombre à moins d’un milliers. Seulement quelques permis exceptionnels sont délivrés par le Conseil Municipal chaque année, et la liste d’attente est d’environ 25 ans à l’heure actuelle. La plupart des habitants se déplacent donc à pied, à vélo, en bus, ou en voiturette et autres véhicules électriques.Pas de risque d’entendre parler d’un « hit and run » ou d’une course-poursuite dans les journaux locaux. Les gens qu’on croise dans les rues du petit centre d’Avalon y sont souriants, détendus, et confiants.

La balade est l’une des activités locales favorites, une activité vivement conseillée, surtout lorsqu’il s’agit de passer par C.C Gallagher sur la promenade au bord de la plage. Cette épicerie-boutique-cave à vin- gallerie d’art étonnante vous permettra de déguster un café et une pâtisserie, ou un sandwich et un verre de vin, tout en flânant parmi les peintures à l’huile, les antiquités, les poteries, et autres objets d’art offerts à la vente. Le centre d’Avalon regorge de petits magasins vendant vêtements, bijoux fantaisies, chaussures, et souvenirs pour touristes. Sur le quai du port, Yoshi nous accueille dans sa boutique, elle nous parle de sa vie ici : « J’ai voyagé dans presque tous les pays d’Asie, et en Europe. Je suis du sud du Japon, et mon mari est un Américain d’origine hollandaise et russe. Nous avons longtemps habité à Hawaï, mais depuis quarante ans, j’habite ici, à Catalina. La vie y est si tranquille… J’ai soixante-dix ans, et je ne bougerai pas. J’adore mon île. J’y ai ma vie, j’y suis enracinée ». Un peu plus loin, dans l’un des plus anciens hôtels de la ville, le Glenmore Plaza Hotel, le patron Jack, homme bien portant à l’allure Viking, nous confirme ce bien-être: « On est si bien ici ! Il y a dix ans que je suis venu pour six semaines, et me voilà aujourd’hui !».

Liens utiles :

Traversée en Ferry :

http://www.catalinainfo.com/index.html

www.catalinaexpress.com

Visiter Catalina :

www.visitcatalinaIsland.com

Visiter Two-Harbors :

www.visittwoharbors.com

Faire un tour organisé :

www.catalinaadventuretours.com

http://www.catalinatours.net/

Faire de la plongée :

www.divecatalina.com