What’s the French word for two-faced?

Le «sniper» Sarkozy est dans la ligne de mire de la presse internationale. Suite a l’article de Liberation citant des propos rapportés du Président de la République, la presse américaine s’étrangle d’indignation, le New York Times grince doucement des dents :  «Le Président Français est connu pour son amour de l’action. Mais il aime aussi se vanter et écraser ses partenaires chef d’Etat au cours de réunion pas si privées que ça.»
Du coté de Newsweek on est à la limite de l’incident diplomatique : « Scandaleux ! » Et en français en plus, c’est dire ! «Comment dit on en français avoir deux visages ? Après avoir fait ami-ami avec le President Américain au début du mois en Europe, voila que le Président Français a apparemment explosé sur le nouveau président américain, le décrivant comme faible et inexpérimenté». Newsweek prévient :  «Bien, voila qui devrait rendre la visite d’Obama en juin plutôt intéressante». Ambiance garantie pour les prochaines célébrations du Débarquement.

Le Time Magazine en profite pour parler amour, en guise de pirouette :  «L’amour peut signifier ne jamais dire qu’on est désolé a ceux à qui l’on tient. Or, il arrive que s’excuser devienne la meilleure façon de piquer vos ennemis ». Segolène Royal s’est emparée du créneau des excuses officielles «un moyen efficace de faire hurler la droite». Il est vrai que côté popularité, le Président français a connu des jours meilleurs, et s’est vu même dépasser par son prédécesseur. On s’en etoufferait presque : «Mon Dieu! Chirac More Popular Than Sarkozy” . Comme le devine sans prendre trop de risques le Time Magazine : «Jacques Chirac doit secrètement apprécier ce moment». A cela vient s’ajouter la fameuse lettre d’Obama, “Appelez ça, la vengeance de Chirac!”

Nicolas Sarkozy cependant, n’est pas homme rancunier. Preuve en est pour le New York Times, la récente décoration de André Glucksmann qui se fait égratigner au passage  : «Son statut fait de lui localement un écrivain dont la vision globale, profonde et intègre lui permet de se faire appeler philosophe, un terme surévalué ici, alors qu’il est ailleurs laissé aux Sophocle et autres Hegel, ce qui embarrasse sûrement cet homme si raisonnable ». Le New York Times revient donc sur l’amitié qui lie les deux hommes et sur le franc parler de l’écrivain qui enchanterait le President : «Quelle chance d’avoir un ami qui est libre».

« Le Mot Juste » pour le Wall Street Journal qui s’intéresse à cette nouvelle génération d’auteurs francophones mais pas français. De Jonathan Littell au dernier Goncourt : Atiq Rahimi, le Wall Street Journal en vient même à interroger Donald Morrison, le responsable de la scandaleuse couverture Time Magazine The Death of French Culture. Ce dernier fidèle à lui-même, et débordant de modernité déclare :  «Les Français sortent ces auteurs de nulle part, certes les gens en achètent mais ce n’est ni Balzac, Hugo, Zola ou même Camus.” Le sieur Morrison ne craint pas de réveiller les dragons de l’académie :  «L’une des choses les plus intéressantes à propos de ces auteurs étrangers, c’est qu’ils utilisent des expressions et des phrases étrangères de manière inconsciente. Les Mandarins de l’Académie Française vont me détester pour avoir dit ça, mais je pense qu’il est sain pour une langue d’y incorporer des mots étrangers. » En effet, pas sûr que Maurice Druon, qui a droit aux honneurs du New York Times, de là où il est, apprécie.